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14 septembre 2026

Statut JEI en 2026 : conditions, seuil de 20 % et exonérations

Yannis Coulibaly
Yannis Coulibaly
Founder & CEO
18 min
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Statut JEI en 2026 : conditions, seuil de 20 % et exonérations

Si vous avez lu quelque part qu'il faut désormais consacrer 30 % de vos charges à la recherche pour être jeune entreprise innovante, c'est faux. Le seuil est de 20 %. Les 30 % existent bien, mais ils désignent autre chose : la jeune entreprise d'innovation et de rupture, une catégorie créée en février 2025 qui ne change rien à vos cotisations et tout à la fiscalité de ceux qui investissent chez vous.

La confusion est compréhensible. Le régime a été modifié par quatre lois en trois ans, dans deux directions opposées : un durcissement fiscal en 2024, un relèvement de seuil en 2025, un élargissement en 2026. Résultat, une bonne partie de ce qui circule aujourd'hui sur le sujet décrit un état du droit qui n'existe plus.

Ce guide reprend les règles applicables en septembre 2026, avec la source administrative derrière chaque chiffre.

Ce que le statut JEI est, et ce qu'il n'est pas

La jeune entreprise innovante est un régime défini à l'article 44 sexies-0 A du Code général des impôts. Ce n'est pas un label, pas un concours, pas un dossier à défendre devant un jury. Vous vérifiez vous-même que vous remplissez les conditions, vous appliquez les exonérations, et vous les justifiez si l'administration ou l'Urssaf vous le demande.

Cette simplicité a un revers : la charge de la preuve est chez vous, et elle porte sur chaque exercice. La qualification s'apprécie à la clôture, pas une fois pour toutes à la création.

Si vous voulez sécuriser votre position avant d'engager plusieurs dizaines de milliers d'euros d'exonération, vous pouvez adresser une demande d'avis à l'administration fiscale. Elle répond dans un délai de trois mois, et sa décision est opposable à l'Urssaf.

Les conditions en vigueur

Les conditions du statut JEI, appréciées à chaque clôture

Les quatre premières conditions sont communes aux quatre catégories de jeunes entreprises innovantes. Les deux dernières sont propres à la JEI.

ConditionRègle applicable en 2026
TailleMoins de 250 personnes, tous établissements confondus
Seuils financiersChiffre d'affaires inférieur à 50 M€ ou total de bilan inférieur à 43 M€
Détention du capital50 % au moins détenus par des personnes physiques, d'autres JEI, des structures d'investissement, des établissements de recherche ou d'enseignement, des fondations ou associations scientifiques
Origine de l'activitéActivité réellement nouvelle : ni concentration, ni restructuration, ni reprise, ni extension d'une activité existante
Âge de l'entrepriseMoins de 8 ans si elle a été créée depuis le 1er janvier 2023, moins de 11 ans si elle a été créée avant
Dépenses de rechercheAu moins 20 % des charges fiscalement déductibles (15 % pour les exercices clos avant le 1er mars 2025)

Source : Urssaf, Les jeunes entreprises innovantes (JEI), mise à jour du 16 juillet 2026, et article 44 sexies-0 A du CGI.

La condition d'âge est celle qui surprend le plus souvent. Elle se compte à la clôture de l'exercice, et elle dépend de la date de création : moins de 11 ans pour les sociétés créées avant le 1er janvier 2023, moins de 8 ans pour celles créées depuis. Une société immatriculée en mars 2019 sort donc du dispositif avec l'exercice clos en 2030, pas en 2027.

Ce que les réformes ont changé

Quatre lois en trois ans

  1. Loi de finances pour 2024

    L'exonération d'impôt sur les bénéfices disparaît

    Ses articles 44 et 69 suppriment l'exonération d'impôt sur les bénéfices pour les entreprises créées à compter du 1er janvier 2024, et créent la jeune entreprise de croissance (JEC) pour les entreprises qui n'atteignent pas le seuil de la JEI mais dont l'effectif et les dépenses de recherche progressent.

  2. Loi n° 2025-127 du 14 février 2025

    La JEIR apparaît, l'assiette du CIR se resserre

    L'article 55 crée la jeune entreprise d'innovation et de rupture, au moins 30 % de dépenses de recherche, et modifie le calcul de ces dépenses : le forfait de frais de fonctionnement adossé aux dépenses de personnel passe de 43 % à 40 %, et certains frais de brevets sortent de l'assiette, pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025.

  3. Loi n° 2025-199 du 28 février 2025

    Le seuil JEI passe de 15 % à 20 %

    La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 relève le seuil dans son article 22. Il s'applique à l'impôt sur le revenu dû à compter de 2025, aux exercices clos à compter du 1er mars 2025 pour l'impôt sur les sociétés, et au 1er janvier 2026 pour la CFE et la taxe foncière.

  4. Loi n° 2026-103 du 19 février 2026

    La JEII entre en scène, les impôts locaux sont prorogés

    La loi de finances pour 2026 crée la jeune entreprise d'innovation à impact, réservée aux entreprises de l'économie sociale et solidaire, et proroge les exonérations de CFE et de taxe foncière pour les entreprises créées jusqu'au 31 décembre 2028.

Retenez surtout la première ligne. Beaucoup de contenus en ligne décrivent encore le statut JEI comme une exonération d'impôt sur les bénéfices assortie d'un avantage social. Pour toute société créée à partir du 1er janvier 2024, c'est faux : il ne reste que le volet social, les impôts locaux, et les avantages accordés à vos investisseurs.

Quatre catégories, un seul mécanisme social

JEI, JEC, JEII, JEIR : quatre seuils, quatre logiques

Les trois premières catégories ouvrent la même exonération de cotisations patronales. La quatrième ne s'adresse pas à vous mais à ceux qui investissent dans votre capital.

CatégorieDépenses de rechercheCondition supplémentaireCe qu'elle ouvre
JEIAu moins 20 % des chargesAucuneExonération de cotisations patronales, réduction d'impôt de 30 % pour vos souscripteurs
JECEntre 5 et 20 % des chargesEffectif doublé par rapport à l'avant-avant-dernier exercice, avec au moins 10 équivalents temps plein de plus, et dépenses de recherche au moins égales à celles de l'exercice précédentExonération de cotisations patronales
JEIIEntre 5 et 20 % des chargesAgrément Esus ou qualité d'entreprise de l'économie sociale et solidaireExonération de cotisations patronales, exonération d'impôt sur les bénéfices pour les exercices clos à compter du 21 février 2026, réduction d'impôt de 40 % pour vos souscripteurs
JEIRAu moins 30 % des chargesAucuneRéduction d'impôt de 50 % pour vos souscripteurs personnes physiques

La jeune entreprise universitaire (JEU) est une cinquième voie, sans seuil de dépenses, réservée aux sociétés issues de travaux de recherche menés avec un établissement d'enseignement supérieur.

La logique de cette famille de statuts est lisible une fois qu'on la voit : le législateur a gardé un seuil élevé pour la JEI, ouvert deux portes latérales pour les entreprises qui ne l'atteignent pas mais qui recrutent (JEC) ou qui poursuivent une finalité sociale (JEII), et réservé un traitement de faveur aux investisseurs des projets les plus intensifs en recherche (JEIR).

L'exonération de cotisations patronales, en détail

C'est l'avantage central du statut, et souvent le seul qui compte vraiment sur les trois premières années.

Qui ouvre droit à l'exonération

Les salariés qui participent au projet de recherche et développement : ingénieurs-chercheurs, techniciens qui travaillent en collaboration étroite avec eux, gestionnaires de projet de R&D, juristes chargés de la protection industrielle, personnels chargés des tests pré-concurrentiels, salariés affectés à la conception de prototypes ou d'installations pilotes.

Les mandataires sociaux qui participent à titre principal au projet y ont droit aussi, ce qui vise directement les présidents de SAS et les gérants minoritaires de SARL. Pour un fondateur technique rémunéré par sa société, la différence est immédiate.

Le Bulletin officiel de la sécurité sociale précise qu'un salarié ouvre droit à l'exonération dès lors qu'au moins la moitié de son temps de travail est consacrée à des projets de recherche et développement. Vous n'avez donc pas à proratiser les salaires mixtes en dessous de ce seuil, mais vous devez pouvoir documenter la répartition.

Combien, et pendant combien de temps

L'exonération est totale dans la limite de deux plafonds : la rémunération doit rester inférieure à 4,5 Smic, soit 8 401,58 € par mois avec le Smic en vigueur depuis le 1er juin 2026, et le total exonéré par établissement ne peut pas dépasser 5 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale sur une année civile.

La durée est de 7 ans à compter de la création de l'établissement. Elle s'arrête au dernier jour de la septième année civile qui suit celle de la création : une société créée le 1er janvier 2023 en bénéficie jusqu'au 31 décembre 2030.

Deux conditions de forme méritent d'être notées, parce qu'elles sont éliminatoires. Vous devez être à jour de vos déclarations et de vos paiements Urssaf à chaque échéance. Et pour un même salarié, l'exonération JEI ne se cumule ni avec une aide de l'État à l'emploi, ni avec une autre exonération de cotisations patronales.

Ce qui reste dû

L'exonération porte sur les cotisations patronales d'assurances sociales et d'allocations familiales, rien d'autre. Restent à votre charge : les cotisations salariales, la CSG et la CRDS, la contribution de solidarité pour l'autonomie, l'assurance chômage, les cotisations accidents du travail et maladies professionnelles, le Fnal, la contribution au dialogue social, et selon les cas le versement mobilité et le forfait social. Les cotisations de retraite complémentaire Agirc-Arrco ne sont pas non plus dans le champ.

Sur une fiche de paie d'ingénieur, l'économie réelle tourne autour de 20 à 25 points de masse salariale, pas 45.

Les avantages fiscaux qui subsistent

L'exonération d'impôt sur les bénéfices, elle, appartient largement au passé. Elle reste acquise aux entreprises créées jusqu'au 31 décembre 2023 qui conservent la qualification, et revient par une porte étroite pour les jeunes entreprises d'innovation à impact, sur les exercices clos à compter du 21 février 2026.

Les exonérations de cotisation foncière des entreprises et de taxe foncière sur les propriétés bâties, elles, ont été prorogées par la loi de finances pour 2026 pour les entreprises créées jusqu'au 31 décembre 2028. Attention : elles ne sont pas automatiques, elles supposent une délibération de votre commune ou de votre intercommunalité. Vérifiez avant de les inscrire dans votre prévisionnel.

Le dernier avantage ne vous concerne pas directement, mais il pèse dans une conversation avec des business angels : les personnes physiques qui souscrivent au capital d'une JEI entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2028 bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu de 30 %, portée à 40 % pour une JEII et à 50 % pour une JEIR, sur des versements retenus dans la limite annuelle de 50 000 € pour une personne seule et de 100 000 € pour un couple. Si votre ratio de recherche dépasse 30 %, le dire à vos investisseurs fait partie du pitch.

Comment calculer votre ratio

Le ratio est le rapport entre vos dépenses de recherche et vos charges fiscalement déductibles. Les deux termes sont définis.

Au numérateur, les dépenses de recherche au sens du crédit d'impôt recherche : amortissements des biens affectés à la recherche, dépenses de personnel des chercheurs et techniciens, frais de fonctionnement calculés forfaitairement, sous-traitance confiée à des organismes agréés, dépenses de normalisation. Depuis la loi de finances pour 2025, le forfait de frais de fonctionnement est de 40 % des dépenses de personnel, contre 43 % auparavant, auquel s'ajoutent 75 % des dotations aux amortissements. Certains frais liés aux brevets sont par ailleurs sortis de l'assiette pour les dépenses exposées à compter du 15 février 2025.

Au dénominateur, les charges fiscalement déductibles de l'exercice, diminuées des pertes de change, des charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement, et des dépenses confiées à d'autres jeunes entreprises innovantes, pour éviter de compter deux fois la même recherche.

Un exemple de calcul du ratio, exercice 2026

Le numérateur reprend les dépenses de recherche au sens du crédit d'impôt recherche. Le dénominateur, ce sont les charges fiscalement déductibles de l'exercice, diminuées des pertes de change et des charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement.

PosteMontant
Dépenses de personnel affecté à la recherche280 000 €
Frais de fonctionnement, 40 % des dépenses de personnel112 000 €
Amortissements du matériel de recherche30 000 €
Frais de fonctionnement, 75 % de ces amortissements22 500 €
Total des dépenses de recherche retenues444 500 €
Charges fiscalement déductibles de l'exercice2 100 000 €
Ratio21,2 %, donc JEI

Avec les mêmes dépenses de recherche et 2 400 000 € de charges, le ratio tombe à 18,5 % : l'entreprise n'est plus JEI, et bascule au mieux en JEC ou en JEII si elle en remplit les conditions propres.

Ce que montre cet exemple, c'est que le ratio se joue autant au dénominateur qu'au numérateur. Une équipe R&D stable dans une société qui recrute côté commercial, qui signe un bail plus cher ou qui augmente son budget d'acquisition voit son ratio baisser sans qu'un seul euro de recherche ait disparu. C'est exactement le scénario qui fait sortir des sociétés du dispositif en phase de commercialisation.

JEI et crédit d'impôt recherche

Les deux dispositifs sont distincts et se cumulent. Le CIR rembourse 30 % des dépenses de recherche éligibles jusqu'à 100 millions d'euros de dépenses annuelles, 5 % au-delà, et la loi de finances pour 2026 ne l'a pas modifié.

Pour une société qui n'est pas encore bénéficiaire, l'intérêt du statut JEI se joue largement là : les JEI obtiennent la restitution immédiate de leur créance de CIR, au lieu de l'imputer sur l'impôt pendant trois ans avant de pouvoir en demander le remboursement. Sur une trésorerie de pre-seed, un an de décalage sur une créance à six chiffres n'est pas un détail comptable.

Les deux assiettes ne se recouvrent pas exactement, mais elles partagent leur définition des dépenses de recherche : le travail de qualification que vous faites pour le CIR sert directement à justifier votre ratio JEI. Si vous menez déjà un dossier CIR sérieux, la moitié du travail est faite. Les règles de qualification étant les mêmes, les erreurs se propagent aussi d'un dispositif à l'autre, dans les deux sens.

Les points de vigilance

La documentation est votre seule protection. Fiches de poste, relevés de temps, contrats de sous-traitance, justification du ratio exercice par exercice : c'est ce que vous produirez en cas de contrôle Urssaf ou fiscal, parfois plusieurs années après.

Le seuil applicable dépend de la date de clôture. Pour un exercice clos avant le 1er mars 2025, le seuil reste 15 %. Pour ceux clos après, il est de 20 %. Une société à exercice décalé doit vérifier la règle applicable exercice par exercice plutôt que d'appliquer le chiffre lu dans un article.

Sortir du statut se paie deux fois. Si vous ne remplissez plus une condition sur une année civile, vous perdez l'exonération pour cette année et pour les suivantes, jusqu'à ce que vous remplissiez à nouveau toutes les conditions. Un redressement sur ce point porte sur des cotisations patronales, majorations comprises.

Anticipez la sortie par l'âge. Le huitième anniversaire n'attend pas votre plan de trésorerie. Une équipe R&D dimensionnée sur une masse salariale exonérée devient brutalement plus chère l'année où le statut tombe.

Ce que le statut ne fait pas

Il ne finance pas votre recherche, il en baisse le coût. Il ne remplace ni les aides à l'innovation de Bpifrance, ni le CIR, ni une levée de fonds. Il ne sécurise pas non plus la qualification de vos travaux en recherche et développement, qui reste le vrai point de friction dans les contrôles : un projet d'ingénierie logicielle sans incertitude scientifique documentée sera contesté au titre du CIR comme au titre de la JEI.

Et il ne dit rien du reste de votre structure financière. Les questions de dilution, de BSPCE et de pacte se traitent ailleurs, avec d'autres conseils.

Récapitulatif : ce que le statut JEI apporte en 2026
AvantageQui y a droitCombien
Exonération de cotisations patronales d'assurances sociales et d'allocations familialesJEI, JEU, JEC et JEII, sur les rémunérations des personnes affectées à la R&DTotale dans la limite de 4,5 Smic par personne et de 240 300 € par établissement en 2026, pendant 7 ans
Exonération d'impôt sur les bénéficesEntreprises créées jusqu'au 31 décembre 2023, et JEII pour les exercices clos à compter du 21 février 2026100 % sur le premier exercice bénéficiaire, puis 50 % sur le suivant
Exonération de CFE et de taxe foncièreEntreprises créées jusqu'au 31 décembre 2028, sur délibération de la commune ou de l'EPCI7 ans
Réduction d'impôt sur le revenu des souscripteursPersonnes physiques qui souscrivent au capital entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 202830 % pour une JEI, 40 % pour une JEII, 50 % pour une JEIR, sur des versements retenus dans la limite de 50 000 € par personne seule et 100 000 € par couple
Restitution immédiate du crédit d'impôt rechercheJEI et PMESans attendre les trois ans d'imputation sur l'impôt

Sources

Les règles et les montants de ce guide proviennent des sources suivantes, consultées le 14 septembre 2026 : la fiche Les jeunes entreprises innovantes (JEI) de l'Urssaf, mise à jour le 16 juillet 2026 ; la fiche Jeune entreprise innovante de service-public.fr ; les conditions d'éligibilité au BOFiP ; les commentaires administratifs du relèvement du seuil à 20 %, de la suppression de l'exonération d'impôt sur les bénéfices et de la création de la JEII ; et la doctrine sur la réduction d'impôt au titre des souscriptions au capital des JEI.

Questions fréquentes

Quel est le seuil de dépenses de recherche du statut JEI en 2026 ?+

Il est de 20 % des charges fiscalement déductibles de l'exercice. Ce seuil, relevé de 15 % à 20 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 du 28 février 2025, s'applique à l'impôt sur le revenu dû à compter de 2025, aux exercices clos à compter du 1er mars 2025 pour l'impôt sur les sociétés, et au 1er janvier 2026 pour la cotisation foncière des entreprises et la taxe foncière.

Le seuil JEI est-il passé à 30 % ?+

Non. Les 30 % correspondent à la jeune entreprise d'innovation et de rupture (JEIR), une catégorie créée par la loi de finances pour 2025 du 14 février 2025. Une entreprise qui consacre au moins 30 % de ses charges à la recherche ouvre à ses souscripteurs personnes physiques une réduction d'impôt sur le revenu de 50 %, contre 30 % pour une JEI. Le seuil pour être JEI reste de 20 %.

Une startup créée en 2026 peut-elle encore être exonérée d'impôt sur les bénéfices ?+

Non, sauf si elle relève de la nouvelle catégorie des jeunes entreprises d'innovation à impact. L'exonération d'impôt sur les bénéfices a été supprimée pour les entreprises créées à compter du 1er janvier 2024 par la loi de finances pour 2024. Les entreprises créées jusqu'au 31 décembre 2023 conservent le régime antérieur tant qu'elles gardent la qualification.

Quelles cotisations le statut JEI exonère-t-il exactement ?+

Les cotisations patronales d'assurances sociales, c'est-à-dire maladie, maternité, invalidité, décès et vieillesse, ainsi que les allocations familiales, sur les rémunérations des salariés et mandataires sociaux affectés au projet de recherche. Restent dues les cotisations salariales, la CSG et la CRDS, la contribution de solidarité pour l'autonomie, l'assurance chômage, les cotisations accidents du travail et maladies professionnelles, le Fnal, la contribution au dialogue social, et le cas échéant le versement mobilité et le forfait social.

Combien de temps dure l'exonération de cotisations patronales ?+

Sept ans. Elle n'est plus applicable aux rémunérations dues au-delà du dernier jour de la septième année qui suit celle de la création de l'établissement, et elle suppose que l'entreprise remplisse encore les conditions du statut à la clôture de chaque exercice. Une entreprise créée le 1er janvier 2023 en bénéficie jusqu'au 31 décembre 2030.

Faut-il déposer un dossier pour obtenir le statut JEI ?+

Non. Le statut s'applique de plein droit dès lors que les conditions sont remplies, sans agrément ni demande préalable auprès de l'Urssaf. Vous appliquez l'exonération mois par mois en déclaration sociale nominative, avec le code type de personnel 734 pour une JEI ou une JEII, 735 pour une JEC et 402 pour une JEU. Si vous voulez sécuriser votre position, vous pouvez adresser une demande d'avis à l'administration fiscale : la réponse intervient dans un délai de trois mois et elle est opposable à l'Urssaf.

Le statut JEI se cumule-t-il avec le crédit d'impôt recherche ?+

Oui, et le cumul est l'intérêt principal du dispositif. Le CIR rembourse 30 % des dépenses de recherche éligibles jusqu'à 100 millions d'euros de dépenses, puis 5 % au-delà, et les JEI en obtiennent la restitution immédiate au lieu de l'imputer sur trois ans. En revanche, l'exonération JEI ne se cumule pas, pour un même salarié, avec une autre exonération de cotisations patronales ni avec une aide de l'État à l'emploi.

Que se passe-t-il si l'entreprise repasse sous le seuil de 20 % une année ?+

Elle perd le bénéfice de l'exonération pour l'année considérée et pour les années suivantes, tant qu'elle ne remplit pas à nouveau l'ensemble des conditions. Le statut s'apprécie exercice par exercice : une entreprise qui redescend sous le seuil une année peut le repasser l'année suivante, dans la limite des sept ans d'exonération et de la condition d'âge.

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