Mis à jour le 28 août 2026 · 15 termes
Le vocabulaire de la levée de fonds pose un problème particulier : il mélange des mots d’usage courant employés dans un sens technique précis, des sigles français sans équivalent anglo-saxon, et des anglicismes qui n’ont pas de traduction stable. Résultat, deux personnes autour d’une table peuvent employer le même terme en pensant à deux choses différentes — et signer.
Ce lexique traite chaque terme de la même manière : une définition courte, ce qu’il faut comprendre derrière, puis un exemple chiffré. C’est l’exemple qui compte. Savoir que la préférence de liquidation « détermine l’ordre de distribution du produit de cession » n’aide personne ; voir qu’elle vaut 1,5 M€ d’écart sur une sortie à 8 M€ change la façon dont on lit un term sheet.
Processus de levée
Les étapes et les documents que vous traversez entre le premier café avec un fonds et le virement.
Term sheet
Un term sheet est le document de deux à cinq pages par lequel un investisseur formalise les conditions auxquelles il propose d’investir : valorisation, montant, gouvernance et protections. Sauf pour l’exclusivité et la confidentialité, il n’est pas juridiquement contraignant — mais dans la pratique, on ne renégocie presque jamais ce qui y est écrit.
Lire la définition complète →Due diligence
La due diligence est l’audit mené par un investisseur après le term sheet pour vérifier que l’entreprise est bien ce qu’elle a décrit. Elle couvre le juridique, le financier, le produit, le commercial et l’équipe, et dure typiquement quatre à huit semaines sur un tour de seed européen.
Lire la définition complète →Data room
Une data room est l’espace en ligne sécurisé où une startup regroupe les documents que les investisseurs consultent pendant la due diligence. Elle remplace les échanges de pièces jointes par un accès traçable, révocable et organisé, ce qui permet de savoir qui a lu quoi et pendant combien de temps.
Lire la définition complète →Investisseur lead
L’investisseur lead est celui qui fixe le prix du tour, mène la due diligence, rédige le term sheet et apporte généralement la plus grosse part du montant. Les autres investisseurs, appelés followers, s’alignent sur les conditions qu’il a négociées sans refaire le travail d’audit.
Lire la définition complète →Pacte d’associés
Le pacte d’associés est le contrat privé qui organise les relations entre actionnaires d’une startup : qui peut vendre ses titres et à quelles conditions, qui décide quoi, et ce qui se passe si un fondateur part. Il complète les statuts, qui sont publics, en réglant ce que ceux-ci ne peuvent pas contenir.
Lire la définition complète →Instruments de financement
Les véhicules juridiques utilisés pour investir avant ou pendant un tour de table.
SAFE
Un SAFE (Simple Agreement for Future Equity) est un contrat par lequel un investisseur verse de l’argent immédiatement en échange d’actions émises plus tard, lors du prochain tour de table. Créé par Y Combinator en 2013, ce n’est ni une dette ni des actions : il n’y a ni intérêts ni échéance, seulement une promesse de conversion.
Lire la définition complète →BSA AIR
Le BSA AIR (Bon de Souscription d’Actions – Accord d’Investissement Rapide) est l’instrument français permettant d’investir dans une startup sans fixer sa valorisation immédiatement. L’investisseur verse les fonds tout de suite et reçoit des actions lors du tour suivant, à un prix encadré par un plancher et un plafond de valorisation.
Lire la définition complète →Obligation convertible
Une obligation convertible est un prêt accordé à une startup qui se transforme en actions lors d’un événement déclencheur, généralement le tour de financement suivant. Tant qu’elle n’a pas converti, elle reste une dette : elle porte intérêt et doit être remboursée à son échéance si aucune conversion n’intervient.
Lire la définition complète →Capital et dilution
Qui détient quoi, à quel prix, et ce qu’il reste aux fondateurs après chaque tour.
Table de capitalisation (cap table)
La table de capitalisation, ou cap table, est le document qui recense qui détient quoi dans une startup : chaque actionnaire, son nombre d’actions, son pourcentage et la catégorie de titres concernée. C’est le premier document qu’un investisseur demande, et le plus révélateur de la manière dont l’entreprise a été gérée.
Lire la définition complète →Dilution
La dilution est la baisse du pourcentage détenu par un actionnaire lorsque l’entreprise émet de nouvelles actions. Elle ne réduit pas le nombre d’actions que vous possédez, seulement leur poids relatif : détenir 20 % d’une entreprise qui vaut 10 M€ est préférable à détenir 100 % d’une entreprise qui en vaut 1.
Lire la définition complète →Valorisation pre-money et post-money
La valorisation pre-money est la valeur attribuée à l’entreprise avant l’arrivée de l’argent du tour ; la valorisation post-money est cette même valeur augmentée du montant levé. La formule est directe : post-money = pre-money + montant levé, et la part de l’investisseur se calcule toujours sur le post-money.
Lire la définition complète →BSPCE
Le BSPCE (Bon de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise) est le dispositif français permettant d’attribuer à un salarié le droit d’acheter des actions de son entreprise à un prix fixé à l’avance. Si la valeur de l’action augmente, le bénéficiaire achète au prix ancien et empoche la différence.
Lire la définition complète →Préférence de liquidation
La préférence de liquidation détermine l’ordre et le montant que chaque actionnaire perçoit lors de la vente de l’entreprise. Une préférence 1x non participative garantit à l’investisseur de récupérer au minimum sa mise avant que les fondateurs ne touchent quoi que ce soit.
Lire la définition complète →Métriques
Les chiffres qu’un investisseur regarde avant même d’ouvrir votre deck.
Runway
Le runway est le nombre de mois pendant lesquels une startup peut fonctionner avant d’épuiser sa trésorerie, au rythme de dépense actuel. Il se calcule en divisant la trésorerie disponible par le burn rate net mensuel, c’est-à-dire la consommation de cash une fois les encaissements déduits.
Lire la définition complète →ARR et MRR
Le MRR (Monthly Recurring Revenue) est le revenu récurrent mensuel d’une entreprise par abonnement ; l’ARR (Annual Recurring Revenue) en est la projection annuelle, soit douze fois le MRR. Seuls les revenus contractuels et répétables entrent dans le calcul : les prestations ponctuelles en sont exclues.
Lire la définition complète →Questions fréquentes
Par quel terme commencer quand on n’a jamais levé ?+
Par la valorisation pre-money et post-money, puis par la dilution. Ces deux notions conditionnent la lecture de tout le reste : sans elles, un term sheet reste une liste de chiffres dont on ne peut pas évaluer les conséquences.
Quels termes sont spécifiques à la France ?+
Le BSPCE, le BSA AIR et le pacte d’associés n’ont pas d’équivalent strict en droit américain. Le SAFE et les stock-options en sont les cousins fonctionnels, mais les régimes juridiques et fiscaux diffèrent suffisamment pour qu’on ne puisse pas les substituer l’un à l’autre.
Ce lexique remplace-t-il un avocat ?+
Non. Il sert à comprendre ce dont on vous parle et à poser les bonnes questions. La rédaction et la négociation d’un term sheet, d’un pacte d’associés ou d’un BSA AIR relèvent d’un conseil qui engage sa responsabilité sur votre dossier précis.
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