Lexique · Écosystème et accompagnement · Mis à jour le
Le capital-risque, ou venture capital, désigne l’investissement en fonds propres dans des entreprises jeunes et non cotées à fort potentiel de croissance. Un fonds de capital-risque collecte l’argent d’investisseurs institutionnels, le déploie sur vingt à trente participations, et doit le leur rendre multiplié dans un horizon d’environ dix ans.
Comprendre un VC suppose de comprendre à qui il rend des comptes. Un fonds n’investit pas son argent : il investit celui de ses souscripteurs : assureurs, fonds de pension, family offices, institutions publiques. Il leur a promis un multiple sur une durée déterminée, et cette promesse dicte chacun de ses arbitrages.
La conséquence structurante est la suivante : un fonds a besoin qu’une seule participation puisse, à elle seule, rembourser le fonds entier. C’est pourquoi un VC peut refuser une entreprise saine, rentable et bien gérée qui plafonnera à 20 M€ de chiffre d’affaires. Le refus ne porte pas sur la qualité de l’entreprise, mais sur son incompatibilité avec le modèle du fonds.
Le fonds se rémunère de deux façons. Des frais de gestion annuels, autour de 2 % du montant levé, qui paient l’équipe. Et le carried interest, généralement 20 % des plus-values une fois le capital rendu aux souscripteurs. C’est là que se joue l’essentiel de la rémunération, et c’est ce qui aligne le fonds sur les très grosses sorties plutôt que sur les sorties correctes.
Exemple : l’économie d’un fonds de 100 M€
Un fonds de capital-risque européen de taille intermédiaire, sur sa durée de vie complète.
| Taille du fonds | 100 000 000 € |
|---|---|
| Durée de vie | 10 ans, extensible de 2 ans |
| Frais de gestion | 2 %/an, soit environ 20 M€ sur la durée |
| Capital réellement investi | ≈ 80 000 000 € |
| Nombre de participations | 25 à 35 |
| Ticket initial | 1 à 3 M€ |
| Réserves de suivi | ≈ 50 % du fonds, pour reparticiper aux tours suivants |
| Carried interest | 20 % des plus-values au-delà des 100 M€ rendus |
| Objectif de retour brut | 3x, soit 300 M€ |
Pour rendre 300 M€ avec 30 lignes, il faut qu’une ou deux d’entre elles rapportent 100 M€ ou plus. Voilà pourquoi la première question d’un VC porte sur la taille du marché, avant même votre produit.
L’erreur fréquente
Lever du capital-risque pour un projet qui n’en a pas besoin. Un fonds impose une trajectoire de croissance et un horizon de sortie. Une entreprise capable d’être rentable à 5 M€ de chiffre d’affaires y perd sa liberté d’arbitrage, sans gagner grand-chose en échange.
Questions fréquentes
Comment fonctionne un fonds de capital-risque ?+
Il lève de l’argent auprès d’investisseurs institutionnels, l’investit sur environ dix ans dans vingt à trente startups, accompagne ces participations, puis rend le capital et les plus-values à ses souscripteurs lors des sorties. Il se rémunère par des frais de gestion annuels et par une part des plus-values appelée carried interest.
Pourquoi un VC refuse-t-il une entreprise rentable ?+
Parce que son modèle repose sur quelques très grosses sorties, pas sur des rendements réguliers. Une entreprise qui plafonnera à 20 M€ de valorisation ne peut pas, même en réussissant parfaitement, rembourser un fonds de 100 M€. Le refus porte sur l’adéquation au modèle, pas sur la qualité du projet.
Sources
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